Nos politiques ont-il peur du Web 2.0

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Nos politiques ont-il peur du Web 2.0

Nos politiques ont-il peur du Web 2.0?
Le Forum Politique et l’ONG Allemande Konrad Adenauer Stiftung (KAS) ont organisé cet jeudi après-midi une rencontre autour de «L’usage des médias sociaux  dans les élections municipales : le point sur une recherche en cours». Selon les organisateurs, le Web 2.0 a transformé la communication politique et la manière d’aborder les campagnes électorales.

Plus de 25 ans après l’apparition du web dans les campagnes électorale (c’est en 1990 que les choses ont véritablement commencé aux Etats-Unis), l’usage n’est plus statique à travers des sites web unidirectionnels. En effet, de plus en plus, le web 2.0 intègre des fonctionnalités qui permettent «la publicité, le recrutement, la collectes de fonds et la facilitation du dialogue (pour les marques et les politiques).

La rencontre a été une occasion pour présenter un projet de thèse du jeune doctorant à l’université de Laval au Canada, Badr Ben Mansour. Il s’intéresse tout particulièrement à la façon dont les plateformes numériques (Facebook et Twitter) sont mises à contribution dans le cadre d’une campagne électorale locale. Il se pose une question : le Web 2.0 va-t-il renforcer la participation politique des citoyens ?

Avec 4 à 6 millions de « facebookers », la Tunisie est l’un des pays les actifs sur la toile. Juste avant et à partir de la révolution, les internautes tunisiens ne pouvaient plus se contenter de « subir » l’information, ils veulent désormais donner leurs avis, donner des propositions et diffuser les bons et les mauvais rendement des différents acteurs politiques.

Selon Badr Ben Mansour, certains hommes politiques  tunisiens ont compris les enjeux et le potentiel des réseaux sociaux et n’hésitent pas parfois à transgresser certaines règles non écrites de l’action politique. A titre d’exemple, lorsqu’il était ministre des affaires locales, Youssef Chahed répondait volontier à des commentaires d’internautes sur sa page Facebook. L’ancien ministre de l’Investissement et de la coopération internationale Yassine Brahim va même jusqu’à débattre avec les internautes sur facebook.

Mais la grande majorité des hommes politiques  reste frileuse à l’idée d’entrer en contact direct avec les citoyens sur internet. « La plupart des hommes politiques connaissent à peu prés l’importance d’internet et multiplient leur présence sur les réseaux sociaux, explique le doctorant. Sauf qu’ils donnent simplement l’impression d’entrer en interaction avec les citoyens ». Pour lui en effet, la communication des politiques reste unidirectionnelle.

Badr Ben Mansour explique cela par le fait que le politique craint un dérapage, une fausse interprétation de son message ou pire, une perte de contrôle du message de campagne. Le spécialiste de la communication pense toutefois que cette interaction sera plus présente lors des élections locales, là où le politique est plus disposé à avoir des contacts directs avec les citoyens.

Seulement, Badr Ben Mansour met les politiques en garde : les élections ne se gagnent pas sur internet.

Par : Karim BEN SAID